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Fenêtres sur le passé
1887
Une victime du diable à Lanrivoaré

Source : La Dépêche de Brest 11 mars 1887
Lundi dernier, à trois heures de l'après-midi, les gendarmes
de St-Renan étaient informés par M. le maire de Lanrivoaré
que la nommée Marie-Eulalie Mével, âgé de 49 ans, célibataire, demeurant avec sa sœur au village de Rondouzic, en Lanrivoaré, s'était suicidée par strangulation.
Ils se rendirent aussitôt sur les lieux, accompagnés
de M. le juge de paix du canton et de M. le docteur Loupy,
de St-Renan.
À leur arrivée, ils trouvèrent le cadavre de cette femme
dans une grange située à 50 mètres de la maison d'habitation
de sa sœur, Mme veuve Jaouen.
La corde ayant été coupée, le cadavre se trouvait presque à genoux, les bras allongés près du corps.
Le plus grand ordre régnait autour du cadavre,
ainsi que sur les vêtements.
M. le docteur Loupy, après un examen du cadavre,
déclara qu'il n'existait aucune lésion, soit sur les mains,
soit sur la figure, qui n'était même pas décomposée.
Évidemment, il y avait eu suicide.


Marie-Eulalie Mével s'était habillée la veille, vers 9 heures du matin, pour aller disait-elle, à la messe à Lanrivoaré.
Le soir, voyant que sa sœur n’était pas rentrée, la veuve Jaouen fut prise d'inquiétudes ;
elle se rendit au bourg, où on lui dit que de toute la journée on n'avait vu sa sœur ;
elle revint chez elle et pria une voisine, la femme Joseph, de l'accompagner dans les environs de la ferme
à la recherche de Marie-Eulalie.
En fouillant dans la grange, vers neuf heures du soir, elles trouvèrent la pauvre fille pendue avec une corde fixée
à une traverse en bois.

Depuis environ un an, Marie-Eulalie Mével se disait persécutée par le diable ;
elle poussait des cris de terreur le jour aussi bien que la nuit, ne reposant presque jamais.
C'est sans doute dans un accès de folie qu'elle s'est pendue.
Les deux soeurs vivaient, disent les voisins, en bonne intelligence.
Après la visite du cadavre par le docteur Loupy, M. le juge de paix de St-Renan a ordonné l'inhumation.